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« Tout ce qui bouge sur un écran est du cinéma. » (Jean Renoir)


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Yasujiro Ozu - (Dernier Caprice, 1961)




Le cinéma d'Yasujiro Ozu





mot-clés : - plan fixe -




« Avec HERBES FLOTTANTES (1934, Noir et blanc - 89mn - Film muet - 35 mm; Le cinéaste réalisa en 1959 un remake de son propre film), le grand cinéaste nippon nous offre une fois de plus un festival de cadrages et de composition du plan et cela dès le premier, fixe et très célèbre, où une bouteille vide (de bière ou peut-être de saké, boisson préférée d'Ozu et inséparable de ses tournages **) se tient en amorce à droite du cadre, sur une plage, écho dessinant un subtile parallèle avec un phare dressé au fond du champ et dans l'axe. Ce phare, on le retrouvera plusieurs fois d'affilée dans les plans suivants au sein desquels il tracera tout un tas de variantes géométriques avec le reste du paysage ou avec divers objets s'y insérant, tantôt en parallèle, tantôt en perpendiculaire. Le leitmotiv visuel constitué par ce phare semble nous indiquer dès le départ – mais nous ne le comprendrons que plus tard – l'irrésistible attraction exercée par ce petit port maritime sur Komajuro et son besoin (inavoué) de jeter l'ancre une fois pour toutes, décision qu'il ne prendra finalement pas. »
(Philippe Serve, 2003) (http://pserve.club.fr/Herbes_flottantes.html )

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Yasujiro Ozu, Histoire d'Herbes Flottantes (Story of Floating Weeds) (Ukikusa monogatari) 1934








Un cinéaste d’intérieur.

Ce n’est pas seulement qu’il n’y a pas de paysages chez Ozu, c’est qu’il n’y quasiment pas d’extérieurs. L’espace des films d’Ozu, la maison, s’adapte à ses intrigues, ou plutôt son intrigue, car c’est toujours la même histoire qui est contée, celle de la décomposition d’une famille.

Le plan Ozu.

A l’intrigue familiale, correspond naturellement un style qui met en valeur l’unité du cinéma d’Ozu : le personnage. C’est donc à sa hauteur que filme le cinéaste. Si un personnage est debout, ce sera un plan en pied, s’il est assis, ce sera un plan taille ou poitrine, toujours précédé d’un plan qui situe l’action dans un espace (plan large – mais si peu – du salon). Ce qu’observe Ozu, et en cela il n’est pas si éloigné d’un Rohmer, c’est l’action de la parole. Des personnages qui parlent et dont rien ne doit nous détacher. De là vient la fixité de ses plans, composés comme des carrés qui s’emboîtent. Certes, il y a dans les premiers Ozu des travellings, mais ceux-ci suivent de la façon la plus naturelle les personnages en mouvement, ou alors s’approchent / s’éloignent d’un lieu vide – façon de marquer le temps et de commencer / d’achever une scène en disant «c’est là que cela va se passer / que cela s’est passé».

Pour ne pas détourner l’attention des personnages, Ozu les filme en légère contre-plongée (d’où le fameux plan dit « du tatami » qui leur donne plus de présence), et sur un fond uni. L’arrière plan frise l’abstraction : une tenture beige, sobre, invisible, filmée de face dans le cadre dans le cadre auquel se prête si bien l’intérieur japonais. Ce fond se retrouve de film en film identique à lui-même, comme les extérieurs qui se ressemblent étrangement – autant de tableaux sur lesquels se meuvent les personnages ou qui rythment le récit.

Le pictural plan de coupe (un plan d’extérieur qui s’infiltre dans les plans d’intrigue), joue son rôle d’ellipse mais révèle aussi la profondeur du cinéma d’Ozu. D’une part, par ce qu’il montre : les plans de coupe représentent la ville, la rue, les bars, les buildings, et portent donc en eux l’opposition entre un Japon traditionnel et un Japon américanisé. D’autre part, par leur répétition : au-delà de l’esthétisme de ces plans (lignes obliques des fils tendus, toits des horizontales et tours des verticales), se joue une petite musique.

Entre deux plans que s’est-il passé ? Presque rien : une fille s’est mariée, son père est resté seul… Et pourtant, le retour d’un plan de train qui passe, d’une rue déserte, bouleverse : d’un côté une intrigue du plein (les personnages s’agitent et parlent remplissant le cadre), de l’autre, celle du vide (tout se passe dans un monde plus grand qui oubliera très vite cette première intrigue). Le plan de coupe chez Ozu prend la mesure de ce vide-là, en nous rappelant que les trains continueront de passer – et toujours plus vite – même si une jeune fille se sacrifie pour sa famille, ou un père pleure de solitude.






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