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« Tout ce qui bouge sur un écran est du cinéma. » (Jean Renoir)


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Jean-Luc Godard, Les Carabiniers, 1963






Les Carabiniers(Edit)

de Jean-Luc Godard

Scénario: Jean-Luc Godard, Jean Gruault, Roberto Rosselini d'après la pièce de Benjamin Sopporlo

Avec : Albert Juross (Michel-Ange), Marino Masé (Ulysse), Catherine Ribeiro (Cléopâtre), Geneviève Galéa (Vénus)
Film dédié à Jean Vigo
35mm NB
Durée : 85mn
Année : 1963


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Avec deux bouts de carton et trois ficelles, Godard réussit fort bien à recréer en moins d'une heure trente tout un climat de guerre et son cortège d'horreurs. Limité par ses manques en moyens matériels et humains, il compense par le montage et l'intégration de documents d'actualités ainsi que par l'affichage à l'écran d'extraits de cartes postales envoyées par les deux frères. Ce que vise Godard en priorité, au-delà de l'horreur physique de toute guerre, est le mensonge idéologique servi aux populations par les pouvoirs. Sans ce mensonge (reposant ici sur des promesses de possession) et sans la recevabilité des destinataires (des êtres naïfs et cupides), rien sans doute ne serait possible. Cléopâtre dresse ainsi avec Vénus une "liste des courses", commandes passées aux deux nouveaux soldats : un cheval, une robe en velours, une machine à laver, un bikini... Ne manque plus qu'un raton-laveur ! Le ton du film se partage continuellement entre un burlesque très primaire, au sens "début du cinéma" et une sorte de néo-réalisme décalé. Le cinéma muet est convoqué à plusieurs reprises : intertitres, visage "charbonneux" de Catherine Ribeiro qui semble à plusieurs reprises sortir d'un film de Feuillade ou de Griffith, gags, et surtout cette très belle scène poétique au "Cinématographe" où un hommage très direct est rendu aux frères Lumière via une reconstitution des effets sur le public de "L'entrée du train en gare de La Ciotat". On y voit Michel-Ange, fasciné, tenter d'entrer littéralement "dans" le film qu'il visionne, le bain d'une femme du monde.

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L'humour corrosif se retrouve aussi par exemple dans cette croix blanche qui orne les uniformes et le (seul) char d'assaut visible, croix qui ne peut que renvoyer au drapeau de la Suisse, symbole même de neutralité et patrie du genevois Godard. Celui-ci impose une distance entre son film et le spectateur à laquelle tous les artifices cinématographiques utilisés contribuent, de la fausse diction à l'omniprésence d'une bande son trop forte en passant par le refus de tout caractère positif.

Le réalisateur se montre efficace dans l'utilisation des décors naturels à sa disposition : campagnes dénudées, "cités" bétonnées et vides.

Bien sûr, Godard ne serait pas Godard sans quelques afféteries ou "obsessions" personnelles : les faux raccords du montage, la (mauvaise) déclamation d'un poème de Maiakovsky, le poète et propagandiste d'avant-garde bolchévique, par une blonde résistante s'apprêtant à être fusillée (sans doute aussi un autre clin d'oeil au cinéma soviétique des années 20-30), le (anti) héros gardant en permanence une clope (ici plutôt un cigare) aux lèvres qu'il ne cesse d'allumer, dégageant en permanence un nuage de fumée, sans oublier cette étrange manie d'en faire toujours un peu trop, d'en rajouter une couche, en général via l'énumération. Dans son film précédent, Le Petit Soldat, on avait droit à une vraie litanie, énumération de références culturelles. Ici, le film s'alourdit et se met à patiner avec le retour des deux frères. L'épisode bien trop long et démonstratif des cartes postales (les "possessions" dont les frères se croient les heureux propriétaires) s'il constitue une excellente idée, souffre d'excès.

Mais ces quelques défauts godardiens n'enlèvent rien au mérite global du film dont on regrettera juste qu'il n'arrive pas à garder son unité "éclatée" et son rythme jusqu'au bout.

Quarante ans après sa sortie et sa "descente" en règle par la critique, et à l'heure des guerres d'Afghanistan, d'Irak et de Tchétchénie, des massacres de Côte d'Ivoire ou du Soudan et du conflit sans fin Israélo-Palestinien, LES CARABINIERS "parle" toujours autant, comme en 1963, un an seulement après la fin de la "sale" guerre d'Algérie et alors que celle du Vietnam, toute aussi "dégueulasse" comme auraient dit les personnages d'A Bout de Souffle, prenait son essor. Et le film parlera tant que des gogos se feront avoir par ceux qui les gouvernent et prendront une arme au son de doux mensonges. Autrement dit, son impact risque de durer bien longtemps !


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