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6.2. — L’espace et la distance comme paramètres de la composition Sommaire Télémusique — — Sommaire Auditoriums Internet6.5. — Chronologie résumée de la musique en réseau au XXème siècle





6.3. Métaphores littéraires et études(Edit)

Une variété de métaphores présentes dans la littérature sont utilisées pour les transports de sons à distance, enregistreurs, musiciens et musiques en réseau : les sons capturés et transportés d’un lieu à un autre par des éponges (Charles Sorel, 1632), et des paroles gelées (Mandeville, 1356 ; Balthasar de Castillon, 1528 ; Rabelais, 1552) — en ayant soin de bien choisir la saison —, ou encore dans une canne de bambou (légende de Chine) et conduits et tuyaux (Francis Bacon, 1627); il s’agit aussi d’inventer des interfaces tel que ce globe tissé de canaux imperceptibles (Tiphaigne de la Roche, 1760), et ce clavier ou orgue à microphones en multiplex, chaque touche déclenchant le fonctionnement de microphones distants autour de la planète, l’ensemble jouant la symphonie du monde (Le Roi-Lune, Apollinaire, 1916), ou de les substituer par un cortège de machines et appareils inventés dont le « téléchromophotophonotétroscope » imaginé par Didier de Chousy dans Ignis (1883) et des capteurs microphoniques à distance, comme ceux installés par Télek (Le Château des Carpathes, Jules Verne, 1892) et le « téléphonoscope », proposé en 1878 par George Daphné du Maurier, imaginé par Camille Flammarion en 1894 pour relier la Terre à la planète Mars (La Fin du Monde) ou permettant de suivre à distance et en direct les représentations musicales ou théâtrales (Le Vingtième Siècle - La Vie Électrique, Albert Robida, 1883). Jules Verne décrit en 1875 un concert en réseau par le pianiste Pianowski jouant à Moscou sur des pianos à distance situés dans différentes salles de concert autour du globe (Une Ville Idéale, Jules Verne, 1875). De son côté, Philip K. Dick imaginent des concerts « psychokinétiques » joués et transmis à distance, sans le toucher des instruments et la diffusion acoustique ou électroacoustique, par le pianiste Richard Kongrosian (Simulacres, 1963).

Le développement de la téléphonie puis de la radio à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, techniques de communication qui ont été conçues pour la transmission du son, a permis de soulever les enjeux quasi-anthropologiques liés aux transports de son et à l'écoute à distance. Citons deux extraits de Paul Valéry, le premier relevant l'opposition de l'homme mobile et de l'homme enraciné dans un texte de 1937, et le second datant de 1928, s'appuyant sur l'avenir d'un monde tout-connecté :

Un monde transformé par l’esprit n’offre plus à l’esprit les mêmes perspectives et les directions que jadis ; il lui impose des problèmes entièrement nouveaux, des énigmes innombrables. [...] Après votre dîner, et dans le même instant de votre perception ou de votre durée, vous pouvez être par l’oreille à New York (et bientôt, par la vue), tandis que votre cigarette fume et se consume à Paris. Au sens propre du terme, c’est là une dislocation, qui ne sera pas sans conséquence. (Valéry, 1937[1945])[1].

Je ne sais si jamais philosophe a rêvé d’une société pour la distribution de Réalité Sensible à domicile. [...] Cette circonstance, jointe aux récents progrès dans les moyens de transmission, suggérait deux problèmes techniques : I. – Faire entendre en tout point du globe, dans l’instant même, une œuvre musicale exécutée n’importe où. II. – En tout point du globe, et à tout moment, restituer à volonté une œuvre musicale. Ces problèmes sont résolus. Les solutions se font chaque jour plus parfaites. (Valéry, 1928)[2].

(à développer → compl. études : radio, brecht, arnheim, chardin, ...) (télépathie ? téléphonie fantôme ? Freud, Proust)






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  1. Valéry, Paul (1937[1945]). Notre Destin et les Lettres. In “Regards sur le Monde Actuel et Autres Essais”. Paris: Gallimard.
  2. Valéry, Paul (1928). La Conquête de l’Ubiquité. In “Pièces sur l’Art’, and in “De la musique avant toute chose”, Paris: Éditions du Tambourinaire, 1928 ; et aussi, In “Œuvres”, vol. II, Coll. La Pléiade, (pp.1284-1287). Paris: Gallimard. 1960.





   
   
   
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