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XENAKIS




(Cette partie est en cours de développement)



« [Xenakis] gomme le signal et compose le bruit. [...] L'art qui ne retrouve pas cette surdité informelle est un bavardage éloquent, un ouï-dire. »
(Michel Serres, "Interférences", Hermès II, Paris : Éd. de Minuit, 1972. pp. 189-190)



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Iannis Xenakis, Diatope (1978)

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Iannis Xenakis, Persepolis (1971)

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Iannis Xenakis, Polytope de Cluny (1972)

écouter / listen Persepolis, (Iannis Xenakis, 1971)

écouter / listen La Légende d'Eer, (Iannis Xenakis, 1977-1978)
IANNIS XENAKIS, "LA LEGENDE D'EER" (1977-78)

« La musique de La légende d’Eer est faite des familles suivantes de sons :
a) instrumentaux, par exemple, les étoiles filantes sonores du début et de la fin, ou les sons des guimbardes africaines, les tsuzumis japonais…
b) bruits, par exemple, chocs de briques spéciales, frottements sur carton…
c) réalisées par des fonctions mathématiques à l’ordinateur et converties de digital à analogique au Centre d’Etudes de Mathématiques et Automatiques Musicale (CEMAMu). »

« Ici, j’ai inauguré une approche nouvelle de la fabrication des sons, différente et même à l’opposé des méthodes des studios de musique électronique des laboratoires utilisant les ordinateurs et la conversion numérique-analogique. Il ne s’agit plus de partir de l’analyse et de la synthèse de Fourier qui permet d’arriver au son par l’intermédiaire de faisceaux de sons sinusoïdaux harmoniques ou partiels. Cette nouvelle méthode construit et agit directement sur la courbe de pression-temps qui, elle, aboutit aux tympans. [ ...] Chaque piste est distribuée sur les 11 haut-parleurs de haute qualité disséminés sous la coque du Diatope. Cette distribution statique ou cinématique est réalisée par programme spécial à l’ordinateur. »
— (Iannis Xenakis, 1978 — http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/77/02/18/PDF/Le_Diatope_et_la_Lgende_d_Eer.pdf )


L'utilisation de sons relativement harmoniques, très aigus, dénote l'emploi de zones du spectre sonore peu fréquent à l'époque, avec des passages d'activité fort intense et pleinement assourdissante animée de bruits blancs (rappelons que Xenakis adorait diffuser très fort). — (D'après Makis Solomos)

"Il ne s'agit pourtant pas pour Xenakis de violenter volontairement l'espace acoustique de l'œuvre en le saturant à l'extrême — un fracas assourdissant ne débouche jamais, puisqu'il bute toujours sur une "limite" et devient physiquement insupportable si celle-ci est dépassée —, mais plutôt de s'écarter d'un traditionnel "contrepoint de son et de silence" (Boulez) à la manière de Webern, de s'éloigner le plus possible du silence trop banal, tout en rejetant les bruits fortuits du quotidien, eux aussi "pleins de banalité" et qui donc l'"ennuient" [...]. [I]l est "bien entendu" que c'est la force et la puissance du sonore dans toute sa dynamique et son énergie acoustiques qu'il s'agit de transmettre à l'auditeur, assailli de toutes parts [...]. En parvenant à un point de non-retour dans l'amplification du volume acoustique, les orchestres aux effectifs gigantesques forment ainsi de véritables murs de son. Certes le "toujours plus fort" ne rime à rien, si ce n'est pour l'intérêt esthétique lui-même du fracas, sa beauté énergétique, l'ampleur du sonore dans sa splendeur éclatante. Et si le bruit qui en résulte détruit, désordonne, s'il est indéniable que le "désordre premier excède le code musical" (Michel Serres), il peut aussi contribuer à la naissance d'un autre ordre. En effet, alors que la musique était d'ordinaire "une sélection du bruit mondial, elle n'est elle-même que lorsque cette sélection « nous met en présence du monde brut et dangereux »", remarque très bien Michel Serres. [...] [Les œuvres de Xenakis] mettent en place et en scène une audibilité massive, un "suraudible" [...]. L'œuvre musicale composée n'est plus alors "surajoutée" au monde, mais elle ne fait plus qu'un avec lui, monde et sons comme inséparable entité. Par son entremise, ses auditeurs retournent donc au Monde, à ses forces et ses clameurs. L'œuvre musicale s'éprouve alors par le déferlement des masses sonores, les vagues déferlantes de l'audible, par la prolifération des diverses informations livrées [...] [afin de] « plonger l'auditeur dans les conditions de l'écoute ». [...] [L]a composition musicale recréera chez Xenakis une sorte d'"antémusique", ou plus précisément selon une belle définition de Michel Serres, une sorte de « protomusique aléatoire »." — (Matthieu Guillot, "Dialogues avec l'Audible", Paris : Éd. L'Harmattan, 2013. pp. 110-111.)



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Présentation Légende d'Eer / Diatope, Centre Georges Pompidou, juillet 1978



IANNIS XENAKIS, DIATOPE (1978), interview archives INA
Source : http://www.ina.fr/video/CPC78050952
Pierre-André Boutang — Est-ce que vous comprenez que la musique que vous faîtes surprend, étonne, rebute et pourquoi il y a des réactions de refus nombreuses à cette musique ?
Iannis Xenakis — « Je pense que c'est un refus qui est tout-à-fait normal parce que la musique à proprement parler est quelque chose de... apporte, propose des choses nouvelles. Et la majorité des gens qui aime des musiques plus anciennes la refuse parce qu'ils n'ont pas l'habitude, c'est-à-dire qu'ils acceptent les musiques plus anciennes parce qu'ils ont l'habitude de cela. Il faut du temps pour des choses nouvelles, des idées nouvelles, des formes nouvelles prennent toute leur signification, et on pourrait dire que ce phénomène d'acquis, les choses acquises sur lesquelles... qui forment un système de référence, esthétique ou même idéologique,chez les gens, est un phénomène de civilisation. Ainsi si on prenait un sourd de naissance et tout-à-coup il recouvrait son audition il ne pourrait porter aucune appréciation sur une musique de Mozart par exemple ou sur une musique à moi. Je crois que dans les deux cas il serait complètement sans référence et par conséquent sans possibilité de jugement, et il était de caractère et de tempérament curieux il dirait "ha ça m'intéresse", le Mozart l'intéresserait et le Xenakis aussi. Et s'il n'est pas curieux il dira non ça me fatigue tout ça et il fermerait ses oreilles à nouveau. C'est ce qui se passe avec la majorité des gens. Il faut une ouverture d'esprit pour pouvoir dépasser et sauter par dessus ce barrage de la culture, comme on dit, d'une certaine culture donnée. Et c'est ce qui s'est produit à toutes les époques et dans toutes les civilisations. »
P-A B — Qu'est ce que vous faîtes de ce qu'on appelle le plaisir d'écouter ?
I. X. — « Le plaisir d'écouter est une sorte d'épiphénomène très léger et superficiel à mon avis. Quand une chose vous absorbe vraiment il n'y a plus de plaisir c'est une vie intense qu'on peut avoir. Alors donc il y a de la souffrance il y a aussi du plaisir si on veut mais ce sont des aspects superficiels d'une chose qui est beaucoup plus fondamentale qui est cette vie, des mouvements internes de la pensée et aussi du psychisme entier. »





   
   
   
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