On extended, boundless, vibratory and in-the-now sympathy music

http://jeromejoy.org/


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Biographie - Parcours - Statement(Edit)





Parcours résumé(Edit)


Né en 1961 à Nantes (F), Jérôme Joy est un artiste compositeur qui, en prolongeant un parcours en performance et de musique post-punk au début des années 1980, est présent sur la scène internationale de la musique expérimentale (électronique, improvisée, instrumentale et musique en réseau) et de l'art tout court.

Il a étudié au Conservatoire de Bordeaux (classes de composition instrumentale et électroacoustique).

Son travail se voue radicalement à toutes les formes de la musique (performances, concerts, récits, partitions, vidéos, etc. ; qu'elle soit instrumentale, électronique ou expérimentale) par les crises qui lui sont propres et par sa porosité et sympathie avec le quotidien et les expériences que nous y menons. La musique est ainsi pour lui, au-delà de ses techniques et technologies, un art individuel en collectif et un art du "réel". Il s'attache particulièrement aux questions des délais, des feedback (oscillations) et des répercussions d'espaces (acoustiques), jusqu'à expérimenter les technologies de musique en réseau (à partir de 1997) et les situations d'improvisation individuelle et collective de musique comme actions, intensifications et expériences du présent.

Parfois, pour être réalisées ou perçues, ou encore suivies, ses œuvres proviennent et se produisent sous certaines conditions, résonnent à certains contextes précis, acoustiques, organisationnels ou sociaux, et prennent des formes pas très stables ou explicites. Elles peuvent demander certaines dispositions, extrêmes et fragiles, de production et d'écoute, et nécessiter de prendre des points de vue non habituels, malgré leurs apparences parfois banales et leurs formes plutôt indéterminées, sans véritable début, fin ou conclusion (il peut s'agir d'écouter un texte lu, de frotter en rotation des instruments à plusieurs, d'écouter des sons enregistrés, soit manipulés soit électroniques, apparemment trop silencieux, non caractéristiques musicalement, ou d'un volume trop fort, etc.). Ses réalisations proposent à chaque fois ce rapport physique à l'écoute et à une immersion qui requiert un temps long d'attention.

De telles œuvres contournent ou se retrouvent confrontées à ce qui a l'air et ce qui est déterminé comme "allant de soi". C'est un travail qui penche franchement vers l'imprévisibilité, vers la partie moins connue du monde et pourtant plus intime et partagé, par la demande d'un minimum de gestes ou d'instructions et de préméditations, et par des propositions et des adresses oscillant entre la spontanéité et le longuement réfléchi et préparé (avant d'agir, voire parfois jusqu'à ne plus avoir besoin d'agir complètement, ou alors, au minimum, le moins possible, et de manière indépendante, inter-indépendante, dé-synchronisée, en parallèle, en délai, plutôt qu'en continuelle convergence et communion comme le demanderait le jeu collectif musical).

Ainsi au travers d'œuvres et de projets, et d'une méthode aussi instable et non-reproductible, il tente d'explorer ce qu'il estime être les 90% des registres de fabrication, de sensation, d'émotion et de perception du son et de la musique qui ne nous sont pas encore habituels ou qui nous paraissent hors normes puisque nous tentons peu d'en faire l'expérience. Écouter n'est sans doute pas une pratique uniforme : elle est hypothétiquement plus kaléidoscopée et variable. Sans attaches à un mouvement ou à un genre particulier, ni à un formalisme quelconque, il calque les seuils atteints par d'autres que lui (des prédécesseur.e.s, des contemporains) pour voir s'il peut pousser plus loin les limites. Dès son commencement, son travail se fonde donc sur l'exploration immersive et extrême de l'intensité, du délai et de la durée sonores comme structure et déstructuration spatiale et fictionnelle de la musique : pour faire de la musique il faut (bien) exciter l'espace, y prendre des libertés, s'y tenir et l'éprouver précisément.

Loin d'être dans une position ou posture solitaire et bornée, celle mythique et déterminante de la figure d'auteur, il motive des propositions de "plein air", combinées et combinables, immersives ou flottantes ("deep streaming"), interrogatives et sans concessions et peut-être clandestines, bancales et plus ou moins furtives et incertaines, forcément désintéressées et délibérément ré-appropriables par d'autres que lui, artistes et auditeurs (le "qui produit" devient moins important que "ce qui se produit"), arguant qu'il s'agit d'être singulier parmi d'autres singularités qu'il faut reconnaître. Ainsi, en tant qu'artiste, il affirme que son imagination n'est pas plus ni moins importante que d'autres ; aussi sa particularité est de co-élaborer sans cesse, avec d'autres musiciens, des artistes, des cinéastes, des écrivains, des architectes, etc. car faire de l'art ne peut être que de le faire ensemble : on ne fait pas de l'art tout seul.

Son parcours riche de rencontres d’abord en tant qu’artiste performeur, notamment dans les années 80 et 90 (avec ses échanges avec Christian Boltanski, Hamish Fulton, Robert Barry, etc.), puis lors de ses études en composition au CRR de Bordeaux comme aussi dans ses projets (Luis de Pablo, Ivo Malec, François Bayle, La Monte Young, Éliane Radigue, Pauline Oliveros, Christian Wolff, The Residents, etc.), s’est nourri de cette manière de nombreuses collaborations avec d’autres musicien.ne.s et artistes (John Oswald, Kaffe Matthews, Gregory Whitehead, Paul Devautour, Claudia Hart, Silvia Argüello, John Eacott, Caroline Bouissou, Richard Kongrosian, Jean Dupuy, André Éric Létourneau, Magali Babin, Fabrice Gallis, Keith Rowe, Clémence Cortella, David Ryan, pour n’en citer que quelques-un.e.s), tout autant que de résidences et d’invitations à des festivals et événements internationaux dans de nombreux pays depuis plus d'une trentaine d'années (USA, Canada, Japon, Corée, Hong-Kong, Égypte, différents pays d’Europe, etc.). Par ailleurs, ses œuvres instrumentales et électroniques sont jouées de temps en temps par différents ensembles (Proxima Centauri, Oh Ton, Formanex, Orgone, QWAT ?). Un tel parcours lui permet aujourd'hui de continuer d'explorer en tous sens la musique expérimentale : une musique qu'il qualifie d'excessive, prise dans les excès et les écarts d'expériences du présent, imprévisible, inexpressif et imprédictible, à évaluer ensemble comme des possibles qui arrivent.

Dans ce prolongement, il tente au sein de son travail, d'une part, de prendre à contre-pied l'activité attendue du compositeur, d'affirmer une position versatile et très engagée, et, d'autre part, comme il le fera avec son œuvre picNIC (2002), ou d'une autre manière, avec nocinema.org (1999-...), de proposer aussi des œuvres sans matériau préalable où, dans ces cas, la composition est la programmation, et l'ordinateur, l'instrument, et, dans d'autres cas, l'improvisation libre est la composition du présent, et les instruments, des objets quotidiens et des matériaux fortuits.

Sa recherche dans ce sens tente de discerner les périmètres et les généalogies des pratiques expérimentales non-idiomatiques, appuyant le balancement continuel entre le besoin de langage (la reconnaissance du monde et de soi, dans ses règles), et l'au-delà et l'en-deça du langage (l'exploration et la découverte du monde et de soi, dans le réel et l'imaginaire) — afin que, de manière concrète, la vie avec ses difficultés et paradoxes prennent une tournure décidément libre et défigée.

Il se consacre actuellement à l’écriture d’un ouvrage intitulé AUDITO qui sera publié en 2020-2021 (sous le nom de Joe Jemory, Moroju Ajee, Arja Mauiouaj, avec des illustrations du Dr Brady) , et d’un second ouvrage de récits/dispositifs pour les Éditions La Cherche à Cherbourg, comme également, à Saint-Nazaire, au développement du Projet Neuf en tant qu’œuvre commune artistique infinie. Musicalement, il continue d'explorer et d'expérimenter les combinaisons de l'improvisation, de la composition et de l'interprétation : principalement aujourd'hui au sein du quatuor de percussions et de musique expérimentale et électronique QWAT ? qu’il a co-fondé avec Jean-Christophe Feldhandler, Matéo Guyon et Bruno Lemaitre, et au travers de diverses performances, et d'autres duos, trios et formations.

Il est ainsi interprète d'œuvres du répertoire de la musique expérimentale et contemporaine de plusieurs compositeur.e.s : David Tudor, Phill Niblock, Steve Reich, John Cage, James Tenney, Toru Takemitsu, Christian Wolff, Pedro Rebelo, Takehisa Kosugi, Michael Pisaro, Pauline Oliveros, etc., tout en favorisant en parallèle des formations et des projets d'improvisation (pizMO, pacJAP, Sobralasolas, SNPLIMCNEPUP, Ecco Ecco Ecco Ecco, JJEL, etc.). Il est toujours en préparation de nouvelles œuvres et collaborations, voire de projections (comme celle d'un auditorium Terre-Mars), l'ensemble de ses œuvres constituant au fur et à mesure des facettes multiples d'un même monde imaginé et réel, plus grand qu'on ne le pense et l'éprouve, ces mêmes œuvres pouvant se combiner entre elles, se superposer, se prolonger et se varier continuellement.

Il bénéficie de plusieurs livres édités aux Éditions è®e et aux Éditions Le Mot et le Reste, sans compter ses contributions via des articles de fonds à de nombreuses revues scientifiques et artistiques, francophones et anglophones, et ses publications sur Internet, concernant des séries d’études musicologiques : œuvres-racines de la musique noise, de la musique à délai(s), de la musique à intensités, et le NMSAT Networked Music and SoundArt Timeline. Ses disques sont distribués par Metamkine, Tiramizu, 23Five/SFMOMA, Fibrr Records et Ohm Avatar. Dans une pratique éclatée et vagabonde, il aborde tout autant la radiophonie, la vidéo, le cinéma et la photographie (le projet nocinema.org reconnu comme une démarche pionnière d’un cinéma probable en streaming, ou la série sporadique des Adynata, celle des Concerts Filmés (après PF in Pompeii), et ses séries photographiques mises en récit à partir d'images récupérées), et poursuit des collaborations et échanges avec notamment des architectes autour de musicalisations d'espaces créés, le son donnant les conditions de ces constructions (ses projets avec Marc Barani, Jean de Giacinto, Duncan Lewis, et plus récemment avec Philippe Barré et Gaël Marec), et avec des artistes sur la réalisation d'expositions (David Ryan : les Avant-Monde, Nothing at All ; Paul Devautour : Lascaux2, 491.org) et l'émergence d'œuvres-dispositifs (PCPilote, Projet Neuf, Libre-Lieu).

Il est membre honoraire d’Avatar, Méduse, Québec et fait partie du collectif international artiviste The Thing NYC. Il a été visiting artist à SAIC School of the Art Institute of Chicago (2001-2005), et est intervenu dans plusieurs universités internationales : Northwestern University, Hong Kong Academy for Performing Arts, Musashino University (Tokyo), Collège International de Philosophie, Queen's University Belfast, etc., tout en échangeant avec de nombreux chercheurs (Roger Malina (Leonardo, Univ. of Texas), Jean-Claude Risset (LMA), Jean-Paul Thibaud (AAU), Samuel Bordreuil (LAMES), Pedro Rebelo (SARC), etc.).

En 2012 il a été en résidence de recherche à l'UQàM à Montréal et a collaboré les années précédentes à plusieurs unités et programmes de recherche (Agglo, Exil, Locus Sonus) et à plusieurs colloques et publications internationales (Neue Zeitschrift für Musik, Imagina, ISEA, ICMC, Leonardo, CNRS, Crisap, Intermédialités, PUR (Pratiques), AI & Society : Knowledge, Culture and Communication, Contemporary Music Review, Liminalities (Journal of Performance Studies), INSA Nouveaux Territoires, Wi : Journal of Mobile Media, INTERMUSIC, etc.). Il a également été engagé de 2011 à 2016 dans un cursus de doctorat sur mesure sous la direction de Suzanne Leblanc, Jocelyn Robert et Robert Faguy : Ph.D. de recherche-création en art audio et musique expérimentale à l’université Laval Québec (Sujet : « Les Auditoriums Internet — La Musique Étendue : Création Musicale et Esthétique Environnementale — Auditorium Terre-Mars — Les Nouveaux Auditoriums »). — http://jeromejoy.org/


[... Biographie (accédez à l'article en ligne Wikipedia) ...]


[... Bibliographie ...]





Parcours(Edit)

Jérôme Joy débute en 1982 sur les scènes bordelaise et française une série de performances (avec David Ryan et Patrick Ferri, et sous la bienveillance de Christian Boltanski et Annette Messager), alliant manipulations d'enregistrements, de vinyles et de bandes magnétiques, saturations instrumentales et électroniques, et phonographies. Ce travail en collectif s'est développé sous la forme d'interventions et d'actions-expositions, comportant à chaque fois, selon les titres de leurs réalisations, un scénario du « désastre », de « l'ultime » et de « l'avant-monde » alliant peinture, musique, performance et immersion du public. Au sein du groupe / duo se sont continuellement déployées des pratiques croisées et collectives de production avec un fort positionnement critique et politique afin d'engager la réalisation de contre-propositions, stratégiques, tactiques et expérimentales, vis-à-vis des formes et structures établies. Ce projet commun a rayonné jusqu'aux États-Unis (Frederick R. Weisman Art Foundation Californie, PS1 New-York) et, à la suite d'une série intensive de réalisations en trois années, il s'arrêta en 1985.

Cette série d'œuvres et de projets interdisciplinaires permit à Jérôme Joy de réaliser, dans les années qui suivront, des œuvres instrumentales, électroniques et électroacoustiques sous différentes formes dépassant la plupart du temps celle du concert, ou, plus justement, en prenant ce dernier sous des angles transgressifs.

Il a fait ses études au conservatoire de Bordeaux dans les classes de composition instrumentale et de composition électroacoustique (sous les enseignements respectifs de Michel Fusté-Lambezat (élève de Darius Milhaud) et de Christian Éloy (GRM)) et a suivi les masters-classes et les cours de Luis de Pablo, François Rossé (élève de Messiaen), Étienne Rolin (élève de Donatoni, Ligeti, Messiaen et Xenakis), François Bayle (élève de Messiaen, Schaeffer et Stockhausen) et Ivo Malec (élève de Pierre Schaeffer, et professeur de composition au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris de 1972 à 1990).

Par la suite, dans les années 80 et au début des années 90, ses rencontres avec La Monte Young, Rhys Chatham, Paul DeMarinis, John Oswald et Éliane Radigue ont été déterminantes, tout comme ses conversations et échanges avec Hamish Fulton, Malcolm Goldstein, Michel Waisvisz et Robert Barry. Tout en cotoyant de près et de loin l'« École de Bordeaux », sa démarche musicale s'est constamment nourrie des œuvres les plus expérimentales de Jean-Claude Éloy, Iannis Xenakis, Karlheinz Stockhausen, Morton Feldman, Luc Ferrari, Horatiu Radulescu, Krzysztof Penderecki et Giacinto Scelsi, ainsi que des dynamiques et des œuvres présentes sur les scènes musicales anglaises et américaines (Gordon Mumma, David Tudor, James Tenney, Pauline Oliveros, Christian Wolff, Phill Niblock, Cornelius Cardew, etc.), et européennes (Hans-Joachim Hespos, François Rossé, Mathias Spahlinger, etc.).


Démarche(Edit)

Ses œuvres s'appuient sur des pratiques et techniques variées allant de la musique instrumentale, électronique et électroacoustique, temps réel et composée à l'ordinateur, à la radiophonie et à la musique en réseau. Il fait appel à des pratiques du noise (ou musique bruitiste), de la saturation, du détournement et de la réappropriation : bruits, feedbacks acoustiques et d'appareils électroniques, drones, sons délaissés, sons résiduels, sons ambiants, amplification de sons inaudibles, processus aléatoires, combinés et superposés de production sonore, etc., et du presque-silencieux au harsh noise. Sans attaches à un mouvement ou à un genre particulier, ni à un formalisme quelconque, il travaille sur l'intensité et la physicalité du son, c'est-à-dire sur la réception et la perception du son dans toutes ses dimensions, amplitudes et énergies dont il faut faire l'expérience par l'écoute. Ses réalisations proposent à chaque fois ce rapport physique à l'écoute et une immersion qui requiert un temps long d'attention.

Ses premières œuvres jouent sur des aspects sonores extrêmes, continuums et superpositions de sons très forts amplifiés et continus, séries de performances et de manipulations sonores brutes en direct et improvisées, avant d'aborder des compositions instrumentales et électroacoustiques qui explorent des fréquences sonores intenses et des brouillages à l'aide de modes de jeux instrumentaux non conformes. Il explore ainsi, de manière successive ou simultanée, sans système ni théorie pré-établis, une diversité des modes de production sonore (électronique, instrumentale, électroacoustique) et des situations d'écoute : en live, concerts et performances, supports enregistrés, radio, jusqu'à aborder au début des années 90 les réseaux électroniques (Internet) comme un espace de création sonore et de composition en direct (comme extension du studio et interconnexion de « homestudios »). Son travail peut correspondre à une exploration de densités sonores, plus ou moins intenses, qu'il déploie à l'aide de programmations, de mixages préfabriqués en studio et de dispositifs d'écriture (pour les instruments), et dont l'objectif est l'invention de situations d'écoutes non attendues — en tout cas qui court-circuite ou crée des écarts avec ce qui est en- ou attendu — et de moments physiques sonores s'appuyant sur des énergies insoupçonnées. Dans ce sens, la question du direct est au cœur de ses œuvres : il s'agit de prendre conscience du « présent », de le moduler, de le prendre en responsabilité et d'y excaver des expériences de liberté et de lucidité au sein d'expériences concrètes et uniques du son et de l'écoute.

Pour ainsi dire, l'ensemble de sa démarche artistique repose sur une conception et une pratique de la composition live, c'est-à-dire l'exploration sonore et musicale, in-tempo et in-situ, en concert (entre composition, improvisation et comprovisation), à partir de configurations instrumentales informatiques, électroacoustiques et télématiques, liées à des processus programmés gérant des sons « en direct » qui sont joués et interprétés. Ses performances et œuvres improvisées et composées sur ordinateur(s) — celui-ci ou ceux-ci devenant un instrument à part entière —, en jouant sur les matières et les intensités, produisent des moments d'immersion sonore et d'expérience d'écoute sur des durées généralement assez longues avec des sons continus, propices à des entremêlements de drones, d'accidents et de saturations, d'enregistrements et de captations en direct manipulés.

Ainsi les questions liées aux « auditoriums », lieux, espaces et moments d'écoute, en tant que dispositifs de perception, d'attention et d'immersion, sont continuelles dans son travail : faire de la musique est « fabriquer des écoutes », quels que soient les espaces d'écoute, les supports et les dispositifs (il parle ainsi de « musique étendue »).

Dans cette même question de la fabrication des écoutes, il expérimente depuis longtemps les conditions de composer avec des matériaux empruntés, détournés, réappropriés, samplés, récoltés ou qui ne sont pas les siens : des musiques existantes, des prises de son et phonographies, des manipulations de vinyles et de cds, etc. qu'il traite, modifie, et déplace. Dans ce sens, il s'agit, d'une part, de prendre à contre-pied l'activité attendue du compositeur, d'affirmer une position versatile, et, d'autre part, comme il le fera avec son œuvre picNIC, ou d'une autre manière, avec nocinema.org, de faire des œuvres sans matériau préalable et où la composition est la programmation, et l'ordinateur, l'instrument.

Entre sons électroniques live et enregistrés et sons instrumentaux performés et déformés, entre dispositif de concert et systèmes programmés, entre musique sociale, populaire et savante, et tout à la fois, ses œuvres ne jouent d'aucun principe explicite et explorent les relations entre techniques, technologies (autant les anciennes que les plus récentes), et la perception de nos espaces, environnements et contextes (et en quoi ceux-ci modifient notre expérience de ce qui fait musique).


La musique en réseau(Edit)

Depuis 1995, Jérôme Joy expérimente aussi des dispositifs de musique en réseau et de télémusique (en solo ou en collectif, tel un ensemble de musiciens répartis géographiquement et jouant simultanément face à un ou des publics). Il crée sa première œuvre instrumentale en réseau pour le Festival Manca (combiné au Festival Lust à Londres) en 1997, après avoir créé l'année précédente une œuvre électronique intégralement en réseau. Quelques années auparavant, il collabore sur un projet d'architecture à Paris, qui restera non réalisé, en concevant une architecture sonore temps réel, Un Passage Parisien, combinant transmissions de sons par satellite, mixages automatisés en direct, live-electronics et spatialisations mobiles.

L'enjeu est la composition de musiques par le réseau ou pour le réseau, c'est-à-dire expérimenter et engager une musique qui ne pourrait exister (et n'être conçue) que par les conditions mêmes des réseaux. En cela, il explore une extension de l'organologie musicale et une écriture idiomatique spécifique à ces environnements et dispositifs.

Les réseaux permettent de relier des espaces acoustiques et d'étendre les murs de ceux-ci (extended remote walls), jusqu'à organiser et structurer des inter-connexions « live » (en direct) de ces espaces (et des musiciens) entre eux (networked sonic spaces et networked music performance). Son travail sur l'augmentation des espaces acoustiques (par l'amplification, la saturation et la télématique) et l'emploi de variations programmables au sein de la composition lui permettent de développer des œuvres prenant en compte des dimensions spatiales et temporelles liées aux contextes et supports, à la programmation électronique et informatique, et au direct.

Cet intérêt l'a amené à explorer les conditions de la production musicale, au travers de celles du public, de la « salle de concert », des économies qui y sont liées (droit d'auteur, licences et technologies libres, publications cd), et des dispositifs de co-création. Il ira jusqu'à publier en 2002 sur Internet le « manifeste » pizMO pour des « pique-niques » musicaux, temporaires et télématiques, se positionnant pour une musique expérimentale à l'encontre de l'industrie musicale, et, le texte LABO, publié sous un pseudonyme dans plusieurs revues internationales, qui milite, de son côté, pour des collectifs autogérés, « en plein air » : des « artels » et non des labels, pollens ou virus ? (ou pourquoi les découvreurs de comètes sont pour la plupart des amateurs ?). Il publiera également en 2005 avec l'artiste et chercheure espagnole Silvia Argüello, sous le nom collectif et fictif de Lib_ et sous la forme d'un recueil de lignes de codes de programmation accompagné d'un e-récit de science-fiction de Jean-Michel Smith, les hypothèses LOGS qui sollicitent l'auto-construction de situations collectives d'invention et de création, et l'exploration des situations critiques convergentes entre les champs sociaux, les technologies libres et les pratiques de co-création versus l'hyper-connectivité industrielle des logiques commerciales. De 2001 à 2005, Il a ainsi coordonné avec Paul Devautour le programme de recherche AGGLO (qui pourrait bien vouloir signifier Art Global Généreux Libre et Ouvert) conçu comme un collectif de collectifs et rassemblant près de 20 artistes et chercheurs français et québécois. Il a travaillé en collaboration avec Paul Devautour pendant de nombreuses années notamment pour la réalisation de l'e-exposition Lascaux2 à la Villa Arson à Nice en 1999, le projet SCAN Studio Création Arts Numériques, le projet CEDAR Coordination des Écoles d'Art en Réseau, et le serveur atelier sans mur 491.org.

Depuis 1997, il fait partie de la net-communauté artistique et art-iviste The Thing (NYC) avec Wolfgang Staehle, Ricardo Dominguez, Rainer Ganahl, Jordan Crandall, Benjamin Weil, Nicolas Frespech, G.H. Hovagimyan, Heath Bunting, Joseph Nechtaval, etoy, Mark Napier, Cercle Ramo Nash, RTMark, The Yes Men, Electronic Disturbance Theater, etc.

En prenant comme hypothèse la sculpture sociale de Beuys et en l'étendant aux réseaux électroniques, ce groupe d'artistes gérèrent un serveur indépendant à New York et organisèrent toute une série d'actions artistiques et d'infiltrations de démocratie directe (dont la parodie du site de la société Dow Chemical pour dénoncer la catastrophe meurtrière de Bhopal qui avait eu lieu en Inde, l'affaire « toywar » contre la société eToys, les soutiens « Zapatista Tactical Floodnet » au mouvement zapatiste, etc.). Après plusieurs menaces de fermeture et de poursuites en justice, les serveurs sont finalement déconnectés en juillet 2007 suite à l'affaire Dow Chemical. Les serveurs The Thing étaient une mine d'hébergements de sites web d'artistes, de forums, de listes de diffusion et de revues : dont IDC (Institute for Distributed Creativity), Nettime, ForumHub, Collective JukeBox, Undercurrents (cyberfeminism), Lossless Video, ArtForum, PS1 / MOMA gallery, Journal of Contemporary Art, etc.


La recherche-création(Edit)

Dans le cadre de la recherche Jérôme Joy développe depuis 2004 avec l'équipe du laboratoire de recherche Locus Sonus les projets Locustream (réseau de microphones ouverts en permanence et placés tout autour du globe, comme autant de ressources sonores en flux pouvant être utilisées par d'autres artistes comme matériaux dans des œuvres), et NMSAT (Networked Music & SoundArt Timeline), un historique de la télémusique, à partir duquel il retrace une archéologie et une généalogie de l'écoute à distance et de l’organologie de ces dispositifs d’écoute et de la musique en réseau, dans l'histoire et dans l'actualité). Il développe également avec l'historien américain Thom Holmes la base de données SAET SoundArt Exhibitions Timeline permettant de retracer les liens et les initiatives entre art sonore et musique expérimentale.

Son principal sujet de recherche depuis quelques années, au sein du travail de composition en premier lieu, et ensuite au travers de publications d'articles, est la notion de « musique étendue » au travers de différents paradigmes qu'il explore : « Les Auditoriums Internet — La Musique Étendue : Création Musicale et Esthétique Environnementale — Auditorium Terre-Mars » (Internet Auditoria — Extended Music for Expanding Spaces : Music and Environmental Aesthetics — Earth-Mars Auditorium, qui est son sujet de recherche à l'université Laval Québec), la « télémusique » (Histoire de la télémusique / musique en réseau), et l'organologie de la musique en réseau (instrumentariums et typologie). Ce projet de recherche-création l'amène aujourd'hui à explorer les conditions d'un auditorium « extrême » Terre-Mars dans le continuum de notre environnement d'écoute et de nos espaces sonores.

De même il développe toute une série de recherches et d'études sur la musique expérimentale et sur la composition et l'improvisation dans la musique noise électronique et instrumentale (études de la musique noise, œuvres-racines de la musique noise, œuvres de musique environnementale, etc.). Ceci l'a amené à examiner et à sonder les notions et les pratiques liées à ce qu'il désigne comme « musique à intensités » (basée sur le niveau et la puissance sonores), « musique par l'environnement » (et musique étendue), et « musique à délais », dans une visée esthétique plus large que ce qu'on entend d'habitude (esthétique environnementale (à la suite du philosophe Arnold Berleant), musicalisation généralisée, composer le tout-audible).

En parallèle de la réalisation d'œuvres de télémusique composées en collectif (dont : RadioMatic, nocinema.org (avec Magali Babin, DinahBird, Christophe Charles, Yannick Dauby, Chantal Dumas, François Dumeaux, Emmanuelle Gibello, Luc Kerléo, Alain Michon, Jocelyn Robert et Erin Sexton), et Sobralasolas ! (avec Caroline Bouissou, DinahBird, Björn Eriksson, Nathalie Fougeras, Emmanuelle Gibello, Éric Létourneau, Kaffe Matthews, Gregory Whitehead), il est reconnu pour le développement, depuis le milieu des années 90, de projets collaboratifs sur Internet qui ouvrent des espaces de création musicale : Collective JukeBox, Collective Radio, etc.

De même il initie et participe à plusieurs formations musicales électroniques, en France et au Japon, basées sur la collaboration et l'improvisation collective, en réseau ou non : « pizMO » (avec Julien Ottavi et Yannick Dauby, ce dernier laissant sa place en 2012 à Christophe Havard), la série des duos « pim » (avec de nombreux musiciens), « PacJap » (avec Itoken, Takashi Kojima, Kyoko de Harpy, Yuko Nexus6, Peter Sinclair, Colette Tron, Renaud Vercey, Suguru Yamaguchi, Tadahiko Yokogawa (d'After Dinner), etc.), « picNIC » (avec Fabrice Gallis et l'ensemble Formanex), « Joystinckler » (trio de « midifilers » skiffle spasm band avec Peter Sinclair et Christophe Acker), « Netrooms » (avec Pedro Rebelo, Pauline Oliveros, Georg Hadju, Ken Fields, etc.). Il a récemment collaboré avec Jean Dupuy, John Oswald (Rescali Klepitoire), John Eacott (FloodTide), Christian Vialard, Éric Létourneau et Anthony Taillard ainsi qu'avec Brunhild Ferrari-Meyer pour la publication cd d'une œuvre non encore publiée de Luc Ferrari « Chantal, ou le portrait d'une villageoise ».

Ses œuvres de musique instrumentale sont jouées régulièrement par des ensembles instrumentaux (Proxima Centauri, Formanex, Oh Ton-ensemble, Orgone, etc.) et des musiciens solistes. À la suite de ses séries d'œuvres dans les années 90, il milite aujourd'hui pour une musique collective instrumentale basée sur l'écoute, entre composition et improvisation, entre œuvre et situation, entre imagination et intuition. Son implication dans le NoEnsemble l'a amené à co-rédiger (avec Julien Ottavi) un manifeste qui projette l'exploration musicale dans des dimensions sociales, esthétiques et éducatives ainsi qu'historiques pour interpréter la musique expérimentale des cinquante dernières années (répertoire quasi inexistant des programmations actuelles), comme source et vecteur pour les jeunes musiciens, compositeurs et auditeurs actuels.

Il a également organisé ou collaboré à la réalisation d'événements et de manifestations en musique et en art : avec Proxima Centauri (concert au CAPC Musée d'Art Contemporain de Bordeaux, 1991, avec des œuvres de Steve Reich et Christian Lauba), Murs du Son - Murmures (exposition d'art sonore, Villa Arson, Nice, 1995), Forum Hub (sur le serveur The Thing à New-York, 1999-2003), Concert Les Ateliers (Espace de l'Art Concret, 1997, avec des œuvres d'Éliane Radigue, Morton Feldman, Steve Lacy, La Monte Young, etc.), Lascaux2 (e-exposition, Villa Arson, Nice, 1999, avec Paul Devautour), AudioLab série de concerts et de performances (Villa Arson, Nice, 2000-2002, avec ErikM, Kasper T. Toeplitz, Jason Kahn, Thomas Köner, John Oswald, Guido Huebner Das Synthetische Mischgewebe, Laurent Dailleau, Bernard Heidsieck, Michael Northam, Christophe Charles, Martin Tétreault, Paul DeMarinis, Malcolm Goldstein), Locus Sonus - série de symposiums (depuis 2004, avec Peter Sinclair), Soirée Unique (concert au Lieu Unique, Nantes, 2012, avec des œuvres de Bill Fontana, Pauline Oliveros, etc.), etc. Il a également organisé, en collaboration avec Richard Kongrosian, l'un des premiers concerts en France pour Disklavier solo pour le Festival d'Automne en 2004 à la Cité de la Musique à Paris (avec des œuvres de Christopher Dobrian, Warren Burt, Karlheinz Essl, Tim Labor, Rick Bidlack, Peter Gena, Jocelyn Robert, Andrian Pertout).

Parmi ses réalisations et travaux les plus récents peuvent être cités : l'épisode 3 réalisé en réseau du radiopéra Sobralasolas ! (2012), une version de FloodTide en collaboration avec John Eacott (in-progress), la présentation de l'archive 4.04 du Collective JukeBox (2011), la série électroacoustique des Musiques Populaires Re-Composées (2011), Concert de Secondes et Paris/Bordeaux en collaboration avec Jean Dupuy (2011), Klar série de pièces pour clarinette(s) et live-electronics (2013), le noise quartet JOKTTJJEG avec Julien Ottavi, Kasper T. Toeplitz et Emmanuelle Gibello (2012), Quat pour quatuor à cordes (in progress), Canal pour sons électroniques et drones (2012), ALAP une œuvre de plus de 7 à 8 heures pour sons, drones électroniques et feedback (2012- in progress), Synema une application audio-visuelle en ligne (2012-13), le duo JJEL avec Éric Létourneau (2012), la reformation du trio électronique noise pizMO (avec Julien Ottavi et Christophe Havard), le projet de musique drone MXPRMNTL avec Anthony Taillard et Christophe Havard (2013), le collectif Subtecture (2014), la série d'œuvres pour percussions multiples Noisense (2014), un travail de collaboration avec David Ryan sur les coexistences, les communautés insérées, invisibles, les positions ultimes, et les refuges (Reel Sham-Rock, 2013 ; Eternal Refuge, 2014; Nothing at All, 2014-2016).

Il publie régulièrement des articles dans les revues scientifiques européennes et américaines ; son livre LOGS – micro-fondements d'émancipation sociale et artistique –, réalisé avec Silvia Argüello, rassemble plusieurs acteurs de la réflexion sur les espaces et pratiques numériques et de leurs croisements avec des pratiques collectives sociales (Bernard Stiegler, Philippe Aigrain, Bureau d'Études, Patrick Bernier, Olivier Blondeau, Jean Zin, etc.), et a été publié par Éric Arlix aux éditions è®e en 2005.






Statement(Edit)

Jérôme Joy is a French composer and performer, living and working in Nantes (F). He studied at the Conservatory of Bordeaux (F) (instrumental and electroacoustic composition classes, with Fusté-Lambézat (Darius Milhaud's student) and Éloy (GRM), and master-classes with Luis de Pablo, François Rossé, Etienne Rolin, François Bayle and Ivo Malec) and started as a performer, electronic / electroacoustic improviser and 'microphonist' in 1982. His meetings with La Monte Young, Rhys Chatham, Paul DeMarinis and Eliane Radigue along the 80s and 90s were decisive, as well as his conversations with Hamish Fulton, Malcolm Goldstein and Robert Barry. Since the beginning of the eighties, his work is based on sound intensity, duration and loudness as structure and de-structuring of music. He's currently member of pizMO, MXPRMNTL, NoEnsemble, ONsemble and Subtecture. From 1992 to 2010 he has been teaching at the National School of the Arts, Villa Arson in Nice France, and taught the sound practices at the sound department (AudioLab) after the Danish artist Lars Fredrikson. He is presently tenured professor at the National School of the Arts at Bourges (F) and, from 2004 to 2016, he was research co-director -with Peter Sinclair- of Locus Sonus, audio in art, research lab, http://locusonus.org/ . Occasionally he's teaching and has been teaching in Canada (UQÀM) and in USA (SAIC Chicago, visiting artist 2001-2005). He has been engaged in a specialized /ad-hoc Ph.D. in audio art & experimental music at Laval University Quebec, from 2011 to 2016 (title: ‘Internet Auditoria — Expanded Music / Music for Sonic Expanses : Music and Environmental Aesthetics — Earth-Mars Auditorium’).

Since the beginning of 80’s, his work explores the 'manufacturing' of listenings such as in-tempo and in-situ experiences and musical situations. This intention is an attempt to exceed the standardization of music & sound reception, by proposing long and physical sound immersive music works with unusual sound sources and processes : electronic and acoustic feedback, accidental and residual sounds, amplification and distortion, aleatoric processes of sound combination and surimposition, etc. His work is based on sonic matters of facts and on sound intensity, duration and loudness as structure of music. That allows the audience to be immersed into the vibrational structure of the environment through sound and music experiences. This way to develop a music 'by' and 'with' the environment reveal strong relationships between sound and space : to put them into vibration and into interaction. This is involving an active listening that is not dissociated of the sonic & spatial experience : a constant care has to be taken to discover and live various accidental and inferential variations as they occur and to engage modulations into listening (by moving, interfering, etc.). The oscillations between continuity and discontinuity, between masses and densities, and between transparencies and opacities, are the background of his music consisted of continuous sound, long & sustained tones and most of time at very extreme high volume. This intense and very loud music is a music of control (into and of what is uncontrolled and uncontrollable). The difficulty to maintain sound sustain and to engage thresholds of hearing and of audibility corresponds to transitory aspects of sound and to its nature of propagating and expanding in space. By working with noises and (altered) sound & tones, and consequently with their own organicity and materiality, he doesn't use formal (external-to-sound or not generated by the sound itself) methods and principles of composing and he emphasizes experiential and experimental approaches. His music works are inexpressive and don't 'say' anything than what they are and how they sound and resound. He's using recent technologies, computers (as instruments), and classical music instruments and notation as well, and he's playing in music venues, as well as outdoors (out in the open) and on Internet (with the use of telematic effects as 'acoustic' properties of the electronic space in networked music performances). The making of music (as well as the listening to music) is a critical, transgressive, and political activity, experience and social situation & conditions (in which we live and act). This has an impact on (his own) production and economics system of making art and music. His music is not 'spectatorial' and spectacular, and often it's engaging the intertwining of the roles of the composer(s), the performers and the listeners : composer as performer as listener as composer as performer as composer as listener ...

The contribution and importance of such a freed listening towards a social and generalised 'musicalisation' are, on one hand, related to the need of non-disconnection and continuity of our experiences into daily life and in the now (even if the music refers to a singular time and space) and, on the other hand, are correlated with a concept of what is unlimited in music. Thus composing and improvising (comprovising) join the same activity of making music and of 'manufacturing' of listenings, within sound & music processes he’s developing, each time different (what he is calling: 'music for sonic expanses', 'listening circuits', 'extended organology of sound', etc.). The processual construction of sound intensity and loudness organises itself into the duration and the course of the music and of the listening : composing the now by and into listening.

He’s currently member of the WLP World Listening Project board in Chicago, committee member of Avatar Québec, member of the research lab GRMS UQÀM Montreal, of the artist-run space Apo33 (Nantes), and member of the art-ivist community The Thing (since 1997). He was a co-founder of the instrumental ensembles Proxima Centauri (Bordeaux, F), NoEnsemble/ONsemble (Nantes, F) and Qwat? a percussion quartet (Nantes, F), and a founding member of improvisation & electronic music bands (pizMO, PacJap, Joystinckler, JOKTTJJEG, JJEL, MXPRMNTL) in France, in Canada and in Japan. He's also founder of several collaborative projects on Internet since 1995 (Collective JukeBox, nocinema.org, Sobralasolas !, RadioMatic, ForumHub, etc.). He has played, performed and lectured widely in Europe and internationally, and he has collaborated and performed with many musicians. His music is performed by soloists and several music ensembles in Europe : Proxima Centauri, Formanex, Oh Ton Ensemble, etc. In recent years Joy has written many articles and papers for international journals and soundart and music reviews. He is the recipient of several commissioned music and radio works, and of residency grants from music and art centers in North America, Europe, North Africa and Asia. His cds are available on www.metamkine.com, tiramizu.net, fibrr records, and lenomdelachose.org/ohm/.

Recent projects include : networked music performance and telemusic collective projects (‘Sobralasolas !’, nocinema.org, synema), noise instrumental & live electronic music and electro-acoustic music (‘Set of Re-Composed Folk Tunes’, 'Klar' a series of pieces for clarinets, ‘JOKTTJJEG’ noise quartet with Julien Ottavi, Kasper T. Toeplitz and Emmanuelle Gibello, ‘JJEL’ a duo in Montreal with Eric Letourneau, ‘pizMO’ electronic noise trio with Julien Ottavi and Christophe Havard, ‘MXPRMNTL’ a drone music project with Anthony Taillard and Christophe Havard, 'Noisense' a series for percussion players).

Recent research includes: ‘NMSAT Networked Music & SoundArt Timeline’, a huge online database of more than 3,000 historical references ; ‘Locustream’, a network of worlwide open streaming microphones, developed by Locus Sonus ; ‘Introduction to a History of Telemusic’, ‘Internet Auditoriums’, ‘Earth-Mars Auditorium’, research studies on noise music.

More recent projects include : 'Nothing at All', an exhibition with David Ryan, Palais de Tokyo, Paris (June-Sept 2016) including 'Alap' (a 9h-music with electronic feedback drones), 'Récit de Michael' (a philosophical and musical novel), etc. ; the release of a cd box of Christian Wolff's works performed by the ONsemble ; the preparation of a Earth-Mars music based on extreme delays (with the collaboration of Pauline Oliveros) ; etc.

URL: http://jeromejoy.org/


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