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 Sommaire Auditoriums Internet1.1. — PRÉSENTATION DE LA RECHERCHE : LES AUDITORIUMS INTERNET




Un auditorium est un lieu d'écoute.

Ce terme réfère autant à l'architecture et au bâti qui définissent ou accueillent ce lieu d'écoute (salle de concert, théâtre, etc.), qu'au dispositif acoustique et technique qui permet à un auditoire ou à un ensemble d'auditeurs d'être présent dans une situation d'écoute qui la plupart du temps est partagée, collective et simultanée, mais qui peut être aussi asynchrone et distribuée : un "espace" d'écoute.

La réflexion actuelle sur le sonore couvre et convoque de nombreux domaines : anthropologie sonore, sociologie des usages communicationnels, histoire et géographie de nos espaces sonores, architecture acoustique, musicologie, esthétique et histoire de l'art, philosophie, etc. et bien entendu la création artistique.

Distinguer un auditorium demande à considérer une structure cohérente faite de temps et d'espace (quels que soient les éléments constituant une situation d'écoute), mais aussi accueillant et permettant un moment, une action, une réflexivité et une sensorialité : celle ou celui d'écouter. La mise en place et l'utilisation d'un auditorium consiste en une stratégie (voire une scénographie) qu'il s'agit de décrire quant à la coïncidence des présences et la reconstitution des absences. Ceci est d'autant plus essentiel dans le cas de nos environnements actuels où les relations et les articulations (feedbacks, effets, interactions, etc.) peuvent être non visibles quand celles-ci sont médiées électroniquement et télématiquement, et quand le périmètre acoustique de l'auditorium se trouve distribué en plusieurs voire de multiples espaces qu'il s'agit alors de connecter, d'inter-connecter et de mettre en circuit.

Dans ce cas, le dispositif auditorium rend proche ce qui est lointain, rend "familier" et intime ce qui provient d'un espace distant, en plus de faciliter, d'améliorer et d'aménager les focalisations visuelles et auditives. Il devient un espace de l'imagination et de la réception des sons lointains (c'est-à-dire de sons qui s'étendent vers nous). L'auditorium Internet s'appuie sur des techniques de transport des sons, flux ou capsules, entre un émetteur et des auditeurs. L'auditeur peut être amené à moduler et à contrôler, tel un instrument, ce circuit d'écoute : il se syntonise sur ce qui est émis, et il construit activement son écoute.

Ce qui est vérifié dans notre expérience et culture de la radio depuis le début du XXème siècle (et depuis longtemps en musique), peut-il être poursuivi et renouvelé, de manière différente et avec d'autres structures, par l'Internet ?

Problématiser l'écoute est en quelque sorte imaginer, saturer et éprouver des dispositifs de situations d'écoute, quant à leurs limites, leurs potentialités et leurs impossibilités.

Les réseaux électroniques (Internet) sont un des seuls environnements qui permettent à la fois l’interaction sonore en temps réel et la connexion en direct entre des lieux acoustiques distants, tout en influençant immanquablement notre perception du temps et de l’espace. Ainsi l’Internet est devenu un espace d'« auditoriums » parmi tous les autres lieux sociaux de l’écoute [1], dont il faudrait questionner les caractéristiques acoustiques et les conditions des pratiques sonores (de production et de réception) qui s'y déroulent. De même, nous devons envisager son hypothétique nature à être distribué et dispersé, géographiquement et temporellement, et à être constitué de multiples auditoires, dans des espaces publics et privés, synchronisés et désynchronisés.

Nous voyons ainsi que la condition du direct et de la présence (au même endroit et au même moment) est dépassée par ce que nous envisageons aujourd'hui comme définition d'un auditorium. Il serait intéressant de rejoindre ici les propos de Glenn Gould à propos du Nouvel Auditeur, du Nouvel Interprète et du Nouveau Compositeur [2], d'en retrouver les fondements et d'en prolonger les perspectives, concernant le direct et l'expérience de la réception et des pratiques liées à l'écoute.

De même, considérer, à la suite d'André Schaeffner [3], que les éléments structurels d'un auditorium (le plancher, la scène, les murs, etc. du théâtre et de la salle de concert traditionnels ; les réseaux, les interfaces, les systèmes de streaming, les espaces acoustiques, etc. dans le cas des auditoriums Internet) relèvent du domaine des « instruments », permet d'ouvrir la perspective d'une étude et d'une hypothèse d'une organologie de ces auditoriums, "jouables" et contrôlables par les auditeurs et les créateurs.

Dans le champ musical occidental, les dispositifs "auditorium" sont continuellement évolutifs, du salon musical à la salle de concert (modélisée sur le théâtre grec antique et la salle de théâtre du XVIIIème siècle) au système hifi personnel, de l'architecture religieuse au kiosque à musique jusqu'à l'art campanaire, du concert instrumental ou orchestral au concert acousmatique et à la diffusion multi-canaux, de la radiophonie au walkman et l'iPod, jusqu'à aujourd'hui avec les concerts en réseau et en streaming (télémusique [4]), jusqu'aux techniques de podcasting et de VOIP, modifiant ainsi :

  • autant les modes de diffusion, d'édition et de production de la musique,
  • qu'également les formes artistiques et la relation médiée auteur/locuteur/expéditeur – auditeur/récepteur/destinataire, qui proposent une écoute active,
  • que, finalement, tout notre attirail de communication sonore (téléphonie mobile, VOIP, etc.), et les objets d'écoute (musiques, vidéos musicales, émissions radiophoniques documentaires et de création, captations microphoniques (voire d'ondes électro-magnétiques) d'ambiances, d'événements et de phénomènes, etc.).

De même, dans les arts sonores, nous voyons bien que la notion d'auditorium appuyée sur l'emprise d'un espace (dit "installé" par exemple) et sur la variété des circulations et déambulations physiques du spectateur-auditeur dans celui-ci offrant à chaque fois des points d'écoute différents, a pris une envergure qui fait entrer des complexités d'espaces et d'actions.

La radiophonie contemporaine n'est pas en reste non plus sur ces points, autant sur les modes de diffusion (podcasting, streaming) que sur l'invention, sans doute plus rare, de modes radiophoniques de production et d'écriture impliquant des continuités autant que des discontinuités d'espaces et de temporalités.

L'écoute est d'emblée fortement modifiée par ces évolutions à la fois techniques, culturelles et sociales (comme avec l' Open Skype par exemple). Il ne fait aucun doute que de nouveaux régimes de l'écoute sont en train de se mettre en place et viendront compléter les typologies existantes qui nous servent de références.

En quelque sorte, construire un auditorium, et ainsi fabriquer des écoutes, consiste à moduler la propagation du son au travers d'étendues, à maîtriser son expansion et destiner des auditeurs. Par là, la segmentation ou dislocation apparente des dispositifs sonores et musicaux en réseau ne doit pas faire occulter leur structure cohérente en tant qu'auditoriums.

  1. Quelles sont les nouvelles formes d'écoute ? quels sont leurs enjeux et leurs objets ? Quels imaginaires animent-elles ?
  2. Cette diversité actuelle des modes de réception et d'écoute est-elle en train d'"augmenter" ou de "restreindre" notre perception de l'environnement et du présent sonore, tout autant que de modifier notre écoute des productions artistiques ?
  3. Comment se structurent et se développent ces nouveaux auditoriums ?
  4. Quels sont les moyens et les conditions pour "instrumenter" ces modes particuliers d'écoute ? Comment les techniques actuelles inscrivent ou prescrivent-elles des modes particuliers d'écoute, et construisent-elles de nouvelles acoustiques ?
  5. Quelles sont les conditions de ces auditoires, dynamisant l'écoute individuelle et l'écoute collective ?
  6. En quoi modifient-elles les pratiques artistiques (sonores et musicales), et, de manière plus large, les pratiques sociales ?





Cet énoncé porte la thématique du symposium #7 porté par Locus Sonus (postdiplôme, laboratoire de recherche audio, École Supérieure d'Art d'Aix en Provence, École Nationale Supérieure de Bourges, http://locusonus.org/ ) dans le cadre de l'accord-cadre CNRS/Ministère de la Culture et de la Communication, en association avec le laboratoire de Sociologie LAMES (Univ. de Provence, http://lames.mmsh.univ-aix.fr/ ), et en résonance avec les projets développés par le laboratoire (Locustream, New Atlantis, NMSAT). En premier lieu, il introduit la recherche menée dans le cadre de mon Ph.D. à l'Université Laval à Québec (les Auditoriums Internet - l'Écoute à Distance — FAAAV, Directrice de recherche : Suzanne Leblanc, http://www.faaav.ulaval.ca/ , http://www.arv.ulaval.ca/ ). Il est animé également par les collaborations scientifiques et universitaires autour de ce Ph.D. avec le MINT / OMF (séminaire doctoral, Université Sorbonne - Paris IV), le CRiSAP (University of the Arts, London, http://crisap.org/ ), et d'autres collaborations occasionnelles (SARC, Queen's University Belfast, http://www.sarc.qub.ac.uk/ ; CultureLab, University of Newcastle, http://www.ncl.ac.uk/culturelab/ ; IMERA, Universités d'Aix-Marseille, CNRS, RFIEA, RTRA, http://www.imera.fr/ ; etc.).










  1. Joy, Jérôme. (2010). Une Époque Circuitée — Réflexion sur l'organologie des arts en réseau : le passage de l'Internet à un état musical. In Revue Intermédialités - Histoire et Théorie des Arts, Lettres et des Techniques - April, 2010, No. 13 - Programmer, p. 57-76, CRI, Centre de Recherche sur L'Intermédialité, Université de Montréal (QC), 2010.
  2. Gould, Glenn. 1983. L'Enregistrement et ses Perspectives. In « Le Dernier Puritain – Écrits I ». Réunis, traduits et présentés par Bruno Monsaingeon. pp. 54-99. Paris : Fayard. Et aussi : The Prospects of Recording. In High Fidelity Magazine, n° 16, April 1966.
  3. Schaeffner, André. 1968. Origine des instruments de musique — Introduction ethnologique à l'histoire de la musique instrumentale. Paris: Mouton Éditeur, 2e édition, 1980, 428 pp. 1re édition, 1968. http://classiques.uqac.ca/contemporains/schaeffner_andre/origines_instruments_musique/origines_instruments_musique.html
  4. Joy, Jérôme. 2011. Introduction à une Histoire de la Télémusique (organologie de la musique en réseau). (inédit, à paraître). Issu de l'article Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Musique_en_reseau . Voir aussi le programme NMSAT - "Networked Music & SoundArt Timeline - Historique de l’Art Audio et de la Musique en Réseau - Panorama des Pratiques et Techniques Liées aux Transports de Sons et aux Actions Sonores à Distance: Archéologie, Généalogie et Anthropologie Sonore des Auditoriums Internet et de l’Écoute à Distance", développé par Locus Sonus depuis 2008. http://locusonus.org/ et http://jeromejoy.org/




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